05/03/2011

La solidarité, au cœur de la relance du projet européen

À l’origine, la solidarité, fondée sur la recherche de l’intérêt commun, a été voulue et conçue comme le cœur et le moteur de la construction européenne.

Cette solidarité s’imposait alors par nécessité et devrait à nouveau s'imposer aujourd’hui dans la situation de crise et de mondialisation que nous vivons.

Pendant les 30 dernières années, l’hégémonie culturelle « ultra-libérale », qui a inspiré une majorité d’Etats membres, a imposé chaque jour moins de solidarité dans ces Etats membres et, par contagion, à l'ensemble de l'Union européenne. Cette vision idéologique de l'économie s'est traduite par moins de services publics, et a désigné le marché comme régulateur suprême de l'économie et, donc, de la vie du citoyen européen.

Les dérives de cette politique ultra-libérale, cause de la crise économique, poursuivent la destruction des acquis sociaux des Européens (sécurité sociale, pensions, enseignement, recherche, etc.), fruits de longues et difficiles conquêtes sociales.

En effet, cette politique affaiblit la construction européenne en la confinant de plus en plus à un rôle d’une simple zone de libre-échange où l’intérêt du citoyen européen n’est plus le moteur.

Combinée aux tentations de replis identitaires nationaux et régionaux, cette politique a en outre fait perdre aux peuples européens le sens d’un destin partagé.

La financiarisation excessive de l’économie, conjuguée à une absence de régulation, a conduit à la crise économique actuelle et aux difficultés connues au sein des Etats membres.

Les réponses actuelles de l’Union Européenne ne sont pas à la hauteur des défis posés car elles demeurent trop nationales et insuffisamment solidaires.

En effet, dans cette tourmente financière, les Etats renflouent massivement les banques, contractent leurs dépenses pour revenir à un déficit de moins de 3% et font ainsi payer la note au citoyen européen des seules classes moyennes et populaires.

En se perpétuant, cette situation instaure ainsi une précarité massive du travail et un chômage désastreux.

Elle s'accompagne aussi d'une réduction drastique des services publics, désormais qualifiés de "trop onéreux" voire d’"inutiles"!

Or, c’est justement en période de crise que les services publics et les services d’intérêt général sont les plus nécessaires.

Ils peuvent jouer non seulement un rôle d'amortisseur pour la crise mais aussi renforcer la cohésion sociale et préparer la relance économique. Car la solidarité, c'est aussi se projeter ensemble dans l'avenir, c'est aussi concevoir la cohésion sociale comme condition d'une compétitivité retrouvée de l'économie européenne.

Ces efforts ne peuvent trouver leur pleine efficacité que dans un cadre européen.

Comment assurer la sauvegarde et le renforcement du modèle social européen où se conjuguent liberté, démocratie, solidarités collectives, progrès social, développement durable et équitable?

Par plus de solidarité à tous les niveaux. Solidarité citoyenne. Solidarité entre générations. Solidarité entre actifs, inactifs et précaires. Solidarité entre Etats membres au sein de l’Union européenne.

 

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Pour bâtir une Union européenne solidaire, qui rassemble ses Peuples et soit au service de ses citoyens,

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pour sauvegarder et renforcer le modèle social européen,

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pour mettre en place des réponses à la crise qui nécessitent gouvernance économique et moyens budgétaires européens,

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pour que les choix politiques légitimes opérés aux niveaux européen, national, régional et local soient mis en oeuvre par des fonctions publiques permanentes, compétentes et donc indépendantes de tous les groupes de pression nationaux et groupes d'intérêt sectoriels,

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pour que l'Union européenne dispose effectivement de la masse critique pour peser suffisamment à la fois pour élaborer des solutions solidaires et équitables et pour défendre les intérêts communs de ses citoyens sur la scène internationale,

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pour que les "peuples d'Europe" soient appelés par leurs gouvernements à une union sans cesse plus étroite et pour que les "citoyens de l'Union" soient effectivement représentés au Parlement dans l'élaboration des politiques européennes (art. 14 TUE) ,

NOUS, SIGNATAIRES, demandons qu’un débat public soit rapidement entamé de manière assez étendue afin que le citoyen européen puisse faire, en toute connaissance de cause, ses choix sur l'Europe à construire ensemble.

NOUS demandons au Parlement européen, à la Commission européenne, au Comité économique et social européen et au Comité européen des régions d’ouvrir ce débat en leur sein et avec les citoyens européens.

11:12 Écrit par Jean-Paul Soyer | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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